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Assurance Incendie

Incendie domestique : les premiers réflexes à avoir

Incendie domestique : les premiers réflexes à avoir

Face à un incendie chez soi, la réponse tient en trois gestes : sortir sans rien emporter, fermer les portes derrière soi pour ralentir la fumée, puis appeler les pompiers au 18 ou au 112 depuis l’extérieur. Tout le reste, y compris les objets à sauver et les démarches d’assurance, passe après la sécurité des personnes. Une fois le danger écarté, deux préoccupations prennent le relais : préserver les traces du sinistre et prévenir l’assureur, dont le délai de déclaration ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés d’après l’article L113-2 du Code des assurances.

Cet article suit l’ordre réel des événements. Il distingue ce qu’il faut faire dans les premières secondes, dans les premières heures, puis dans la première semaine. Il présente des gestes généraux, reconnus par les services de secours ; les garanties et les modalités de déclaration précises varient selon le contrat.

À retenir
– Sortir d’abord, alerter ensuite : le 18 ou le 112, depuis un endroit sûr.
– Fermer les portes derrière soi : la fumée fait plus de victimes que les flammes.
– Ne jamais retourner chercher un objet, un animal ou des papiers à l’intérieur.
– Avant tout nettoyage : photographier, conserver les éléments détériorés, ne rien jeter sans accord.
– Prévenir l’assureur dans le délai prévu au contrat, jamais inférieur à cinq jours ouvrés.

Les premières secondes : évaluer sans se mettre en danger

Un départ de feu peut sembler maîtrisable : une poêle qui s’enflamme, un appareil qui fume, une multiprise qui noircit. La règle de prudence est de ne tenter une extinction que si le foyer est tout petit, si la sortie reste dégagée derrière soi et si l’on dispose du bon moyen. Un feu d’huile ne s’éteint pas avec de l’eau ; un feu d’origine électrique impose de couper le courant au tableau avant toute autre action. Dès que la fumée s’épaissit ou que le feu gagne un meuble, il faut renoncer et quitter les lieux.

Les recommandations diffusées par les services de secours sont constantes sur un point : la fumée est plus dangereuse que les flammes, car elle est chaude et toxique et provoque des asphyxies. Elle monte d’abord vers le plafond, ce qui explique le conseil de se baisser, où l’air reste plus respirable. Quelques inspirations suffisent pour perdre ses moyens, ce qui rend inutile de perdre du temps à chercher des affaires.

Pendant ces quelques secondes, mieux vaut aussi penser aux autres occupants : appeler à voix haute, réveiller les personnes endormies, aider les enfants et les personnes à mobilité réduite. Les incendies mortels surviennent souvent la nuit, quand les occupants dorment ; Matmut rappelle ainsi que 70 % des incendies mortels se produisent la nuit. Un détecteur de fumée, qui déclenche une alarme sonore, est alors l’un des rares moyens de gagner ces minutes décisives.

Quitter le logement, ou se confiner si la sortie est impossible

L’évacuation obéit à quelques principes simples. Avant d’ouvrir une porte, on pose le dos de la main dessus : si elle est chaude, le feu se trouve peut-être de l’autre côté et il faut chercher une autre issue. En sortant, on ferme la porte de la pièce en feu si l’on peut le faire sans danger, puis la porte d’entrée. Une porte fermée limite la propagation des fumées et évite que d’autres pièces, voire d’autres logements, soient touchés.

Dans un immeuble, on emprunte l’escalier et jamais l’ascenseur. Si l’escalier est envahi de fumée, il vaut mieux rester dans son logement porte fermée que de traverser un couloir enfumé. Une fois dehors, on rejoint un point de rassemblement à distance du bâtiment, on vérifie que chacun est bien présent et on laisse le passage libre aux véhicules de secours.

L’appel s’effectue de préférence de l’extérieur. Le 18 (pompiers) et le 112 (numéro d’urgence européen) sont gratuits. Il s’agit de donner l’adresse exacte, la nature du feu, la présence éventuelle de personnes restées à l’intérieur et un numéro de rappel. On reste en ligne tant que l’opérateur ne raccroche pas : il peut poser des questions utiles aux équipes qui partent déjà.

Si l’évacuation est impossible : se confiner et se signaler

Il arrive que le palier soit enfumé ou que la sortie soit coupée par les flammes. La consigne officielle est alors de rester dans le logement, de fermer la porte, de la mouiller et de calfeutrer le bas avec des linges humides pour limiter l’entrée de la fumée. On se place près d’une fenêtre, on appelle le 18 ou le 112 pour signaler sa position exacte, puis on se manifeste à la fenêtre pour que les pompiers vous repèrent. Se jeter par la fenêtre est à proscrire, sauf en dernier recours absolu et à faible hauteur.

En cas de fumée dans la pièce, on se couvre le nez et la bouche avec un linge humide et on reste près du sol. Ces gestes ne remplacent pas l’intervention des secours, ils permettent de tenir jusqu’à leur arrivée. C’est pourquoi il est conseillé, dans un immeuble, de repérer à l’avance les issues et de connaître le plan d’évacuation, sujet abordé dans un autre article du site.

Après l’extinction : sécurité des lieux et hébergement

Quand les pompiers ont terminé, le logement n’est pas pour autant sûr. Structure fragilisée, installation électrique endommagée, eau d’extinction, suies et résidus de combustion : c’est aux secours de dire si l’on peut rester ou revenir. Il est préférable de ne rien rebrancher, de ne rien rallumer et de ne pas manipuler les appareils touchés avant l’expertise.

Si le logement est inhabitable, il faut trouver un hébergement pour la nuit. Beaucoup de contrats d’assurance habitation prévoient une assistance en cas de sinistre. À titre d’exemple, la Matmut décrit sur son site une assistance d’urgence comprenant des nuits d’hôtel, la garde d’animaux et la surveillance des lieux pendant 48 heures ; ces prestations, leur durée et leurs plafonds diffèrent d’un assureur à l’autre et se trouvent dans le contrat. La mairie, le centre communal d’action sociale ou les associations peuvent aussi orienter les personnes qui n’ont pas de solution. Le sujet est détaillé dans l’article consacré au relogement en urgence.

Il convient enfin de récupérer, si l’accès le permet et avec l’accord des pompiers, les documents essentiels : pièces d’identité, moyens de paiement, médicaments, coordonnées de l’assureur. Le contrat d’assurance, souvent dématérialisé, peut aussi être retrouvé par l’espace client ou la dernière échéance de prime.

Préserver les preuves avant tout nettoyage

L’envie de remettre de l’ordre est forte, mais un nettoyage trop rapide peut compromettre l’indemnisation. La Médiation de l’Assurance rapporte le cas d’un assuré qui avait tout nettoyé et jeté les biens abîmés avant la visite de l’expert : faute de preuve, l’assureur n’a pas pu évaluer les dommages. La médiation rappelle que la loi impose à l’assuré de justifier la nature et l’étendue de ses dommages et conseille de photographier immédiatement, de ne pas entreprendre de réparations sans l’accord de l’assureur et de conserver tout ce qui établit l’état avant sinistre.

Concrètement, il faut photographier chaque pièce sous plusieurs angles, filmer si possible, et garder les objets détériorés jusqu’au passage de l’expert. Le rapport des pompiers, obtenu ensuite, sera précieux. La CAF, dans ses conseils aux allocataires, recommande de dresser la liste de tous les dégâts constatés, photos à l’appui, et de rassembler factures, tickets et certificats de garantie pour établir la valeur des biens. Le nettoyage, notamment des suies qui peuvent être toxiques, ne vient qu’après la déclaration et l’expertise, avec des protections adaptées (gants, lunettes, bottes).

Deux articles du site approfondissent ce volet : comment réunir photos et preuves et les pièces à fournir à l’assureur.

Prévenir l’assureur : le délai et la marche à suivre

Le délai de déclaration est fixé par le contrat, mais l’article L113-2 du Code des assurances impose qu’il ne soit pas inférieur à cinq jours ouvrés à compter du moment où l’assuré a eu connaissance du sinistre. Ce même article prévoit des délais réduits dans des cas particuliers (vol, mortalité du bétail), mais pas pour l’incendie. La déchéance de garantie pour déclaration tardive n’est possible que si l’assureur établit que le retard lui a causé un préjudice, et elle ne peut pas être opposée lorsque le retard est dû à un cas fortuit ou à un cas de force majeure.

Ces règles ne doivent pas encourager à attendre. Plus la déclaration est rapide, plus l’assureur peut mandater un expert avant que les lieux ne soient modifiés et mettre en route l’assistance. La déclaration se fait par téléphone, par l’espace client ou par courrier, selon les modalités du contrat. On y précise la date, l’heure, les circonstances connues, la nature et l’étendue des dégâts, et l’on confirme par écrit si la première déclaration a été orale. Dans une copropriété, le syndic doit être prévenu, car les parties communes relèvent de l’assurance de l’immeuble.

L’assureur demandera ensuite plusieurs pièces : inventaire, justificatifs, rapport des pompiers, éventuel dépôt de plainte si l’origine est criminelle. La démarche est détaillée dans déclarer un sinistre incendie à son assurance, et le texte légal est commenté dans le délai de déclaration.

Ce qu’il faut éviter dans les premiers jours

Certaines erreurs reviennent souvent. Rentrer trop tôt dans un logement enfumé expose à des intoxications et à des chutes de matériaux. Jeter les objets brûlés prive l’expert d’éléments de vérification. Signer un devis de travaux ou une offre de remise en état avant l’expertise peut compliquer l’évaluation. Enfin, accepter une proposition d’indemnité sans avoir comparé avec ses justificatifs peut conduire à sous-évaluer ses pertes ; l’assuré garde la possibilité de se faire assister et de demander des éclaircissements sur le calcul.

Un dernier point concerne la santé : même sans brûlure, l’inhalation de fumée peut avoir des effets différés. Toute personne qui a respiré de la fumée, ou qui présente maux de tête, toux ou nausées, gagne à être examinée par les secours ou un médecin.

FAQ

Faut-il essayer d’éteindre le feu soi-même ?
Uniquement si le foyer est très petit, si la sortie reste dégagée dans votre dos et si vous avez le bon moyen (couvercle sur une poêle, couverture anti-feu). Si le feu progresse ou si la fumée s’épaissit, on sort et on appelle.

Quel numéro composer, le 18 ou le 112 ?
Les deux sont gratuits et mènent aux secours. Le 18 joint les pompiers, le 112 est le numéro d’urgence européen. On les appelle de préférence depuis l’extérieur du bâtiment.

Sous quel délai faut-il prévenir l’assurance ?
Le contrat fixe le délai, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés d’après l’article L113-2 du Code des assurances. Mieux vaut déclarer le plus tôt possible.

Peut-on nettoyer et jeter les objets brûlés avant l’expertise ?
Non. Il est préférable de photographier, de conserver les éléments abîmés et d’attendre l’accord de l’assureur, car c’est à l’assuré de justifier ses dommages.

Conclusion

Les premiers réflexes en cas d’incendie domestique sont peu nombreux mais décisifs : préserver sa vie et celle des autres, alerter les secours, puis protéger ce qui permettra d’être indemnisé. Ils tiennent en une séquence : sortir, fermer les portes, appeler, se confiner si l’on ne peut pas sortir, attendre l’avis des pompiers, photographier, conserver, déclarer. Connaître cette séquence avant qu’un sinistre survienne, et en parler aux enfants, reste la meilleure préparation.